Cabane de Yerse | 25 > 26
- Adrien Ballanger
- il y a 2 heures
- 4 min de lecture
C’est devenu un rituel chez HAIZE. Chaque fin d’année, on s’encabane !
Cette année a été pleine de rencontres. Après une longue recherche sur les sites https://www.refuges.info et https://www.pyrenees-refuges.com, on tombe sur une petite cabane au plateau de l’Isarce. Pas trop haute en altitude pour ne pas avoir affaire à la jolie neige. Donc moins de matériel à amener, plus de place pour les victuailles !
👆🏼 Le début du chemin, pierreux et boueux, non tracé sur la carte IGN, il faut être attentif.
À chaque fois, la « crainte » est que la cabane soit « prise », bien qu’en montagne on ne prenne jamais une cabane : on l’occupe tout au plus, et on a le devoir de faire de la place à tout nouvel arrivant.
À peine garés au parking, une voiture se gare à côté de nous. Très vite, on reconnaît l’allure du chasseur, et la cage grillagée dans son coffre nous le confirme. On prend connaissance du gibier chassé dans le coin et le chasseur nous demande si l’on va passer la nuit à la cabane d’Isarce pour ce premier de l’an. Affirmatif !
Il y a mieux, nous dit-il. Celle-ci est en bien piètre état, alors que Yerse… Yerse, c’est de la cabane. C’est propre, ça sent bon le bois coupé, il y a de la vaisselle laissée par le berger et même des matelas sur la mezzanine : le luxe !
👆🏼 Les cabanes ne sont pas toutes aussi chaleureuses que Yerse,
ne vous fiez pas à la météo ou aux sculptures rupestres.
Le choix est vite fait, on nous assure une grande cabane tout confort et le départ est seulement à un quart d’heure de voiture. L’itinéraire de randonnée est, lui, un peu plus long et prend plus de dénivelé. Le chemin n’y est pas balisé et le chasseur nous dit même qu’il n’est pas évident, pris par les ronces et les petits buissons. Qu’importe le prix, on aura notre cabane de luxe !
Après deux heures tout pile, on atteint notre but. Le chemin a été gras, glissant et étroit. Avec de l’attention et en prenant le temps, rien d’exceptionnel, cela demande juste de l’attention. Qui plus est, la carte IGN n’a pas ce chemin, il faut se diriger au GPS. Heureusement, Komoot avait le chemin de repéré !
En arrivant, les nuages avaient pris le plateau de la cabane. On n’y voyait pas à cinq mètres, seul le GPS pouvait nous dire où l’on se trouvait. Et puis, après quelques mètres de tâtonnement, les traits de la cabane se dessinent devant nous. Les volets sont ouverts, il y a du monde.
En entrant, on dit bonjour à un couple qu’on dirait dans la cinquantaine. Le bois a été coupé, les chaussons mis aux pieds, la soirée pour eux était prête à commencer. On les sent un peu décontenancés par notre arrivée, et puis on propose de partager nos bières. On discute, et l’atmosphère se détend rapidement.
Lui a la jeune cinquantaine. Il a fait pratiquement tous les trois mille des Pyrénées et connaît la chaîne mieux que personne. Il a été chasseur alpin au service militaire et en a gardé le goût de l’effort en montagne.
Elle a la jeune soixantaine. Ils se sont rencontrés sur le tard et la passion de l’un a été transmise à l’autre, si bien qu’elle le suit dans toutes les sorties et connaît très bien, elle aussi, les 3000 et le massif pyrénéen.
Je leur demande alors, avec tous ces sommets, lequel a été le plus mémorable ? Ils cherchent un moment, et on sent là des taiseux qui n’ont pas l’habitude d’étaler leurs médailles, et ce malgré un palmarès qui serait largement étalé sur les réseaux de nos jours.
👆🏼 Être créatif pour faire cuire une côte de bœuf en cabane ! Ici, on a de la chance : il y avait une grille.
« Ça doit être le Mont Perdu… on a fini sous l’orage, entourés de feux follets… » Sans trop de ressenti, ils nous partagent avoir passé une nuit qu’aucun de nous ne souhaiterait vivre. Ils étaient au sommet de ce 3000, à la belle étoile, au cœur de l’orage. Même le sursac du monsieur ne suffisait plus à contenir les litres d’eau qui s’abattaient sur eux.
Elle, elle n’en avait pas et finit la nuit trempée, sans avoir fermé l’œil bien sûr. Et pour couronner le tout, lorsqu’ils osèrent jeter un œil hors du duvet, les feux follets couraient le long du cercle de pierres qui leur servait d’abri. Ne cherchez pas ce phénomène sur internet, il est impossible à capturer lors d’un orage.
Le bruit du bouchon de vin retentit et la côte de bœuf commençait à sentir bon dans la cabane.
On finira la soirée en partageant toutes nos victuailles : foie gras, magret de canard, côte de bœuf, pommes de terre, haricots, gâteau au chocolat, génépi, vin rouge… absorbés par toutes les histoires de notre couple de seniors, plus en forme que nous et gentiment imbibés des divers alcools alors présents. Voilà 23 h qui débarque et on ne l’a pas vue venir !
(N’oubliez pas que l’alcool n’est pas bon pour la santé et que son excès est bien sûr proscrit.)
On n’a pas la foi, ni même l’envie d’attendre ce fameux minuit. On quitte la chaleur du poêle pour mettre la viande dans le torchon, comme on dit !
On n’oublie pas que ce type de cabane est habité par le berger l’été. Tout ce qui s’y trouve reste sur place, et tout ce que vous apportez repart avec vous, déchets compris bien sûr. Pensez à couper du bois si nécessaire et à donner un coup de propre après votre passage, autant pour les prochains visiteurs que pour le berger. Merci !
Si vous êtes récemment passé à la cabane et que vous avez remarqué quelque chose d’anormal, comme des détériorations, faites-le-nous savoir : nous nous chargerons d’en informer la mairie concernée.
Ces cabanes vivent grâce au respect de chacun, et nous avons tous envie de continuer à en profiter.


























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